AFFAIRE ROKIA TRAORE
Les maliens mobilisés pour soutenir l’artiste

« Furu saaaa magni !
Et oui les conséquences du divorce sont implacables. Comme une prédiction, cette chanson Rokia Traoré l’a chanté en une mélodie qui a bercé bon nombre de maliens à l’époque. En plus, le titre donne à réfléchir. Et voilà qu’aujourd’hui, l’artiste elle-même fait face aux conséquences du divorce.
Le vendredi 21 juin 2024, Rokia Traoré, artiste chanteuse malienne fut arrêtée par la police italienne à l’Aéroport international de Rome alors qu’elle s’y rendait pour un concert. Motif, elle est poursuivie par un mandat européen suite à une plainte de son ex conjoint belge pour enlèvement de leur fille. Et oui après le divorce, Rokia est rentrée au bercail avec sa fille sous le bras mais l’ex époux semble être contre cette situation et a porté plainte contre Rokia pour enlèvement.
A rappeler que l’artiste avait fait l’objet d’une première arrestation en 2020 mais s’en est probablement sortie.
En octobre 2023, un tribunal belge a jugé et condamné Rokia, en son absence, à deux de prison ferme. Ainsi, un mandat d’arrêt Européen a été lancé contre Rokia Traoré. Lors du jugement de première instance à Bruxel, il y a eu beaucoup de vises et formes :
Un : elle (Rokia Traore) n’était pas présente, l’invitation a été envoyée à une adresse où elle n’habitait pas ;
Deux : elle n’a pas été représenté par un avocat commun d’office ;
Et enfin trois : les intérêts vitaux de l’enfant, n’ont pas été prise en compte à l’époque (2019), qui avait quatre (4) ans. C’est-à-dire au moment des faits l’enfant qui vivait avec sa mère s’est vu rester seule lorsqu’on a arrêté Rokia.
Moussa Dossolo Traore, Oncle paternel de Rokia Traoré confie qu’en réalité, la petite vit ici au Mali depuis mars 2015 alors qu’elle n’avait que trois (3) mois et aujourd’hui elle a 9ans. En juillet 2015, le père belge est venu au Mali pour se marié religieusement avec Rokia. Dès lors, c’est Rokia qui aurait pris en charge les nombreux voyages et séjours de son conjoint Goossens ici au Mali, à l’époque. Une manière pour l’artiste malienne de permettre au père de passer du moment avec sa fille.
« Donc elle n’a jamais enlevé sa fille, ça c’est une aberration mais les belges ont utilisés des mensonges, ce qu’on appelle des allégations mensongères, justement pour essayer de l’incriminer alors qu’en réalité elle n’a commis aucun crime. » Dixit Moussa Dossolo Traoré.
Selon l’Oncle, sa nièce est incarcérée suite à des allégations mensongères de la part de son ex-époux.
Rokia, victime de racisme de la part de la justice Belge ?
Généralement dans les histoires de divorces, la justice étrangère confie la garde l’enfant à la mère et oblige le père à verser des pensions à cette dernières au nom de l’enfant. Mais dans le cas de Rokia c’est un peu l’inverse…
Moussa Dossolo Traore, Oncle paternel de Rokia s’exprime : « si Rokia était américaine de nationalité ou même française, les belges n’auraient jamais osés l’attaquer en justice a forterie la condamnée ».
A en croire l’Oncle, sa nièce a écopée deux (2) ans de prison et doit payer des amendes au père. En conclusion : « cette histoire est de la pure escroquerie, c’est une arnaque, c’est de l’escroquerie et c’est du racisme en bagarras. »
La vie de la fille de Rokia serait-elle en danger si elle reste avec son père (sous sa garde)
La cause du divorce de Rokia avec son ex-mari serait qu’elle soupçonne ce dernier de faire des attouchements à la petite quand elle n’avait que trois (3) ans.
En réponse à la question : « La vie de la fille de Rokia serait-elle en danger si elle reste avec son père (sous sa garde) ? Son Oncle répond : « je crains, je crains sérieusement! Parce que le tribunal malien qui a statué sur le dossier fait allusion à des attouchements de la part de ce monsieur là sur la fillette alors qu’elle avait trois (3) – quatre (4) ans».
Il faut préciser ici qu’il s’agit du tribunal de grande instance de la commune VI du district de Bamako.
Le Congrès d’Initiation pour le développement de Bèlèdougou (CIDEB) soutient Rokia, l’artiste du Bèlèdougou.
CIDEB est une organisation de la Société Civil du Bèlèdougou. Son but est de promouvoir le développement de la province Bamanan et Rokia en tant qu’une icône de la culture du Bèlèdougou, le Congrès ne pouvait rester en marge de cette histoire qui la concerne.
Mohamed Chérif Diarra, vise président du CIDEB estime qu’il y a une violation des droits de Rokia car selon le droit de l’homme, toutes personnes condamnée a droit à un avocat. Hors le jugement qui a lancé le mandant européen en 2023 n’a pas respecté cela.
Par contre il tenu à faire savoir que durant les trois (3) apparitions de Rokia à la Cours d’appel de Rome en Italie, elle a été représentée par une avocate italienne.
Mohamed chérif Diarra a salué les efforts de l’Ambassade du Mali à Rome. Et d’ajouter, l’Ambassadeur malien en Italie, son premier conseiller et d’autres personnalités ont pris part à ces audiences en guise de soutient.
A ses dires, l’Ambassade suit de strictement l’affaire et rend compte aux ministères des affaires étrangères, de l’artisanat, de la culture, de l’industrie hôtelière, de tourisme et celui de la justice du Mali.
L’ONG droits de l’homme au quotidien (DHQ Mali) non plus, n’est pas restée en marge
Crée en 2015 sous la forme d’association, elle obtient son statut d’ONG en 2019. En tant qu’organisation nationale, DHQ intervient dans la protection et la promotion des droits de l’homme inalliable reconnu à chaque humain le droit à la dignité. En effet l’ONG DHQ Mali œuvre en faveur des femmes en détresse. En conformité avec la constitution malienne du 23 juillet 2023, elle touche aux questions protection de la vie, accès à la justice, la défense de la liberté et bien d’autres.
Son directeur exécutif Mamadou Lassine Diarra, explique que on ONG est en observation de la situation de Rokia Traore. Selon lui, dans l’affaire Rokia Traore, il y a une question de couleur qui ne dit pas son nom. L’ex-compagnon se considérant comme étant le bienfaiteur de l’artiste semble rongé de remords. « Il regrette son soutient dans la carrière artistique de Rokia selon ce qu’on a compris. » « Lui dans sa dynamique, Rokia est un investissement. Et il ne se pas être privé de cet investissement. »
Et d’ajouter « Nous avons fait une lecture sur la justice belge et avons constaté que la femme belge est beaucoup plus protégée. Si Rokia était une belge, est ce que elle allait victime d’autant d’harcèlement de la part de la justice ? »
Pour lui, la manifeste de l’ONG DHQ se justifie par le fait que Rokia est, au-delà d’une malienne, un humain ; une ambassadrice de la culture malienne ; une femme et une mère.
Violation de droits…
A ses dires, la justice belge aurait dû prendre en compte la décision de la justice malienne qui confère la garde de la fille à Rokia.
« Dans les toutes législations du monde on demande de privilégier l’intérêt supérieur de l’enfant et dans certaines législations c’est jusqu’à 12 ans que cet intérêt est protégé plus avec la mère qu’avec le père. » affirme Mamadou Lassine Diarra.
En plus, Rokia n’est pas en incapacité de supporter les charges financière de sa fille, elle n’est pas une alcoolique avérée soutien-il. « Alors quels sont les bien-fondés de la justice belge ? Se pose la question Mamadou Lassine Diarra. Si ce n’est qu’elle est Noir, une étrangère et nous n’allons pas donner raison à une étrangère par rapport à l’un de notre compatriote. » Une analyse que l’ONG DHQ se fait de la situation.
Il faut retenir que cette ONG est à l’origine d’une pétition en ligne en faveur de Rokia qui d’ailleurs a été signée par plusieurs personnes à travers le monde (monde culturel, monde des artistes, et même le citoyen lambda). Aussi, elle entend saisir la justice européenne et souhaite l’implication des autorités malienne, notamment : le ministère des affaires étrangères.
En riposte, la famille, les proches, les associations de droits de l’homme, les associations artistique et l’ensemble des maliens souhaitent atteindre l’opinion nationale et internationale sur ce qui se passe et sensibiliser le maximum de personne afin la pression soit mise sur la justice et le gouvernement belge. Qu’ils prennent leurs responsabilités et que l’histoire (c’est-à-dire enlever un enfant à sa mère parce que celle-ci est noir) ne se répète d’une autre manière.
Ainsi un meeting est en gestation. Initialement prévu pour le 24 septembre, il a été reporté pour raison d’ordre sécuritaire. Ledit meeting aura probablement lié le samedi 05 octobre 2024 (demain).
Il faut souligner que la justice italienne a approuvé l’extradition de Rokia vers la Belgique. Et ce dans les dix jours qui le délibéré. Un délibéré qui a eu lié le 26 septembre 2024 en Italie, cela soutien que l’artiste malienne sera probablement extrader vers le 05 ou 06 octobre 2024 prochain.
Cet article a été préalablement publié le 04 octobre 2024 dans le quotidien « Indicateur du Renouveau ».
Mariatou Coulibaly
Les maliens mobilisés pour soutenir l’artiste