Rareté des aides ménagères en période hivernale

Article : Rareté des aides ménagères en période hivernale
Crédit: Mariatou Coulibaly
17 octobre 2024

Rareté des aides ménagères en période hivernale

Aides ménagères, domestiques, bonne, servante ou encore 52 sont différents noms pour désigner les jeunes filles qui assistent les femmes dans leurs tâches ménagères. Elles se font de plus en plus rares à Bamako.  

La plupart viennent en ville pour trouver des trousseaux de mariage, ou aider la famille dans les dépenses. Certaines d’entre elles s’occupent de la lessive, la vaisselle, la cuisine, d’autres en plus de tout cela font du baby-sitting. Il est devenu impossible pour les femmes aujourd’hui de se défaire de ces aides ménagères. En cette veille de la saison hivernale, elles se font rares à Bamako, ce qui occasionne des dysfonctionnements dans les habitudes des Bamakois.

Les raisons de la pénurie

Aux dires d’Aichata Koné, chargée de la communication de l’association de Défense des Droits des Aides ménagères et Domestiques (ADDAD), le retour des aides ménagères dans leurs familles est dû à l’approche de la saison hivernale.

Cette rareté de celles-ci est jugé normale par la chargée de comme communication de l’ADDAD parce qu’elles ne viennent pas en ville pour y rester mais pour chercher des trousseaux de mariage pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles.

Selon les constats, les aides ménagères sont victimes des violences, d’exploitation, de négligence et des abus et d’autres maux de la société (discrimination, stigmatisation et de marginalisation) dans les grandes villes.

N’gôkôrô, une aide ménagère sur le point de rentrer, nous dit ses raisons : « Je suis venue ici pour suivre mes sœurs et d’autres filles de notre village, je pense qu’il faut travailler pour gagner de l’argent. Je veux contribuer dans les dépenses de ma famille et subvenir à mes propres besoins, au lieu de voler ou de me prostituer, je préfère faire la bonne à Bamako. » 

Une autre du nom de Wawa dira que Bamako n’est pas une ville où on doit vivre, elle n’est pas du tout paisible. « J’y viens juste par nécessité et à chaque approche de l’hivernage, je suis pressé de rejoindre mes parents pour retrouver la tranquillité. L’argent que je gagne aide mon père à nous soigner et à nous donner à manger. »     

Conditions de travail difficiles

Crédit : Mariatou Coulibaly

Pour conclure ses propos, elle a déploré les conditions de vie et de travail des aides ménagères qu’elle trouve précaire. Elles ont un rôle incontournable dans le quotidien et la cohésion des urbains et de leurs familles d’emploi.

Pour elle, celles-ci sont des humains (nos sœurs), à cet effet, elle a interpellé les autorités à mettre en vigueur la convention 189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui impose des heures de repos quotidiennes et hebdomadaires, un salaire minimum et un âge minimum.

Il faut souligner que l’ADDAD est une association exclusivement composée d’aide-ménagère pour leur propre autoprotection. Elle a été créée en 2009 et a été officiellement reconnue en 2013. Son objectif est de défendre, protéger et promouvoir les Droits des aides ménagères en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de travail dans la ville pendant leurs périodes migratoires et valoriser le métier d’aide ménagère.

Crédit : Mariatou Coulibaly

Faire sans

D’après Bintou Diarra, une femme qui emploie des aides ménagères, « cette veille de l’hivernage est un vrai calvaire pour nous, elles se font rares et cela perturbe carrément notre calendrier. Je n’arrive même plus à être à l’heure au travail, s’il faut s’occuper des enfants, du mari, du repas et les autres membres de la famille et être au service c’est plus que compliqué ! » 

Madame Boré, elle, ne voit pas cela d’un mauvais œil. « Vous savez, les aides ménagères sont là juste pour nous aider pas pour jouer notre rôle d’épouse ou de mère. Si elles rentrent, nos filles sont là pour combler leur absence, d’autant plus leur départ coïncide avec les vacances. C’est une occasion pour nous d’initié ces dernières aux travaux ménagères. » 

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